À 60 km de la ville de Kénitra, le long de l’Oued Sebou, se trouve le barrage de Mograne, où nous avons constaté une importante concentration d’anguilles tentant de remonter vers le barrage. Malheureusement, ces anguilles ne survivent pas au fort courant. Pour y remédier, Nounemaroc a décidé d’installer un passage à poissons servant d’ascenseur biologique afin de protéger cette espèce menacée.
En s’approchant de la jetée, John décida de s’asseoir pour admirer le coucher du soleil. Il trouva une place sur un banc et s’installa, contemplant les magnifiques couleurs du ciel alors que le soleil disparaissait lentement sous l’horizon.

Les barrages ont été construits pour développer de grands réservoirs d’eau pouvant favoriser l’agriculture — d’abord artisanale, puis rapidement devenue industrielle grâce à l’abondance en eau. Cela a entraîné une pollution croissante due à l’agriculture industrielle en amont des barrages, et une mauvaise qualité de l’eau en aval, empêchant toute croissance en mer. Cette pollution, souvent appelée bouchon vaseux, monte et descend au rythme des marées dans nos oueds.
Ces retenues ont un effet néfaste que l’on soupçonne peu : les poissons migrateurs (alose, saumon, lamproie, truite de mer…) de nos oueds ont disparu, ne pouvant plus atteindre leurs zones de frai, bloqués au pied des obstacles. Seule l’anguille a su s’adapter en aval des oueds, car son lieu de reproduction se trouve dans les estuaires, à l’instar des poissons marins.
Contrairement aux idées reçues, une partie non négociable des grands barrages marocains est équipée de passes pour poissons migrateurs comme l’anguille. Cependant, la civelle ne parvient pas à remonter malgré ces aménagements, principalement à cause de courants trop forts pour ces jeunes poissons. L’anguille adulte, quant à elle, est capable de véritables exploits pour remonter les cours d’eau : elle peut sortir de l’eau et se déplacer dans la boue sur plusieurs dizaines de mètres pour contourner un obstacle.